Par Arthur D · Publié le 4 septembre 2026 | Mis à jour le 8 septembre 2026
Le registre de la Commission des jeux de hasard compte aujourd’hui cinquante-huit licences en cours, neuf de classe A+ et quarante-neuf de classe B+. C’est le chiffre que tout le monde reprend.
Je l’ai lu ligne par ligne, en croisant trois colonnes que personne ne croise : le titulaire de la licence, l’établissement terrestre auquel elle est adossée, et l’adresse du site. Ce que j’y ai trouvé change la façon de lire n’importe quel comparatif, y compris le comparatif des casinos en ligne belges que je publie moi-même.
Cinquante-huit licences, trente-deux enseignes
Les cinquante-huit licences se répartissent sur cinquante-cinq sites seulement, et ces sites se rattachent à trente et une familles d’enseigne. Dix familles concentrent trente-sept licences, soit près des deux tiers du marché. Les vingt et une autres enseignes n’en portent qu’une. Le registre se lit aussi dans le temps, et pas seulement en largeur : la durée accordée à chaque licence dit si elle est neuve ou reprise.
Autrement dit, quand un comparatif vous présente une quinzaine de sites comme une quinzaine de choix, il vous présente en réalité beaucoup moins d’ensembles distincts.
Les trois signaux qui révèlent un lien
Rien de tout cela n’est caché. Tout est dans des documents publics, il faut simplement savoir quoi regarder.
- Le titulaire de la licence. C’est la société inscrite au registre, avec sa forme juridique. Deux marques peuvent partager le même titulaire.
- L’établissement d’ancrage. Une licence B+ ne s’obtient qu’en complément d’une salle de jeux physique existante. Le registre nomme cette salle, et plusieurs sites peuvent s’adosser à la même.
- L’éditeur déclaré. Celui-là ne figure pas au registre mais dans les conditions générales du site. C’est le signal le plus parlant, et le seul qui révèle une plateforme commune.
Les deux premiers se vérifient sur une seule page web. Le troisième demande d’ouvrir les documents, ce que je fais opérateur par opérateur dans mes fiches d’audit.
Pourquoi la date affichée au registre trompe
Une quatrième colonne mérite le détour, et elle explique une erreur que je vois partout.
Le registre affiche une date de décision et une date de publication. Quand la publication suit la décision de quelques jours, il s’agit d’un premier octroi. Quand elle la précède, parfois de plusieurs années, c’est que la décision affichée est un renouvellement d’un dossier bien plus ancien.
Sur les cinquante-huit licences, quarante-trois présentent un écart de cinq jours ou moins, et quatorze ont une publication antérieure à la décision. Le record dépasse cinq ans.
Un comparatif qui reprend la date du registre pour classer les opérateurs du plus ancien au plus récent se trompe donc quatorze fois sur cinquante-huit. Le seul indicateur d’ancienneté fiable reste le numéro de dossier, attribué dans l’ordre chronologique.
Pourquoi une même marque exploite deux sites

C’est le motif le plus répandu et le moins expliqué. Six marques exploitent un site « casino » et un site « dice » sous deux licences distinctes : Circus, Napoleon, Bwin, Ladbrokes, Starcasino et Golden Palace.
La raison est structurelle. Une licence A+ est adossée à un casino terrestre et autorise les jeux de table et le live. Une licence B+ est adossée à une salle de jeux automatiques et autorise les machines à sous et les jeux de dés. Pour proposer les deux catalogues, il faut donc deux licences, et en pratique deux sites.
Bwin le montre parfaitement : la licence A+571352 pour bwincasino.be et la licence B+16872 pour bwindice.be ont été décidées le même jour, le 16 novembre 2023. Ce n’est pas une coïncidence, c’est une seule décision commerciale traduite en deux dossiers administratifs.
Le joueur qui découvre napoleondice.be puis napoleoncasino.be croit voir deux opérateurs. Il en voit un.
Cette séparation n’est pas commerciale mais réglementaire : les deux classes n’autorisent pas le même périmètre de jeux. Ce qui les distingue tient à un seul élément, et il n’est pas celui qu’on croit.
Quand un seul site porte deux licences
Le cas inverse existe aussi. Quatre sites figurent deux fois au registre, sous deux numéros de dossier différents : circus-dice.be, napoleondice.be, peppermillcasino.be et goldenpalacedice.be.
Chez Golden Palace, les deux licences sont détenues par la même société et s’adossent à deux établissements distincts, celui de Waterloo et celui de Peruwelz. Chez PepperMill, les deux titulaires sont deux sociétés différentes, l’une à Maasmechelen et l’autre à Genk, pour une seule adresse web.
Rien d’irrégulier là non plus. Mais un joueur qui vérifie un numéro de licence en pied de page et le trouve au registre en conclut qu’il a tout vérifié. Il n’a vu qu’une des deux lignes.
Et quand une seule licence porte deux marques

C’est le cas le plus frappant du registre, et il tient dans une seule cellule. La licence A+20635, adossée au Casino de Namur, couvre deux adresses : circus-casino.be et pokerstars.be.
Deux marques que personne ne rapprocherait spontanément, l’une belge et l’autre mondialement connue pour le poker, opèrent en Belgique sous une seule et même autorisation, portée par une seule société.
Six licences sous une même enseigne
La plus grande concentration du registre porte le nom Golden Palace. Six licences s’adossent à un établissement portant cette enseigne, répartis sur cinq sites différents.
| Établissement d’ancrage | Site qui s’y rattache |
|---|---|
| Golden Palace Waterloo | goldenpalacedice.be |
| Golden Palace Peruwelz | goldenpalacedice.be, seconde licence |
| Golden Palace Lier | fortunacasino.be |
| Golden Palace | oria.be |
| Golden Palace Nieuwpoort | ggpoker.be |
| Golden Palace Ronse | meridiancasino.be |
Deux de ces sites figurent parmi mes audits publiés, Fortuna et Oria, et c’est en lisant leurs documents que le lien cesse d’être une supposition.
Trois autres enseignes arrivent juste derrière avec cinq licences chacune : Circus, Golden Vegas et Starcasino. Celle de Golden Vegas se lit de la même façon.
| Établissement d’ancrage | Site qui s’y rattache |
|---|---|
| Golden Vegas | lococasino.be |
| Golden Vegas | goldenvegas-casino.be |
| Golden Vegas | greenjackcasino.be |
| Golden Vegas Deerlijk | dragoncasino.be |
| Golden Vegas Beveren | crazydice.be |
Le fait que deux enseignes commencent par le même mot ne prouve rien. Golden Palace et Golden Vegas sont deux noms d’établissement distincts au registre, et rien dans les documents publics ne permet de les rattacher l’un à l’autre. Je les traite donc comme deux familles séparées.
Chaque licence a son propre titulaire, et ces titulaires sont des sociétés différentes. Le registre ne dit pas qui les possède. Il dit seulement que plusieurs autorisations en ligne reposent sur des salles portant la même enseigne.
Derrière ces quatre familles viennent Madison et Versailles avec trois licences chacune, puis cinq enseignes qui en portent deux.
Trois marques, une seule page de caisse
Le registre s’arrête là. Les documents des opérateurs vont plus loin, et c’est là que le constat devient concret.
En lisant leurs conditions générales et celles de Golden Palace, on trouve le même éditeur déclaré, le même hébergeur et le même délégué à la protection des données. Et leurs pages de retrait annoncent des conditions identiques au mot près : trois mille euros par jour, trois demandes maximum, avoir joué plus que le montant déposé, comptes bancaires belges uniquement.
Ce n’est plus une parenté capitalistique supposée, c’est une plateforme partagée. Comparer ces trois sites sur leurs délais de retrait revient à comparer une page avec elle-même. J’ai réuni ces annonces côte à côte, avec la page dont chacune provient, dans ma comparaison des délais de retrait.
Le même motif ailleurs
L’établissement Madison Casino sert d’ancrage à trois sites : Madison, BeCasino et diceladbrokes.be. Trois marques, trois sociétés titulaires différentes, une seule salle.
Du côté de Versailles, la société qui détient les licences du Versailles Casino et de Wellington est aussi celle que PlayOne désigne, dans sa foire aux questions, comme l’émettrice de ses virements. PlayOne s’ancre précisément sur le Versailles Casino.
Enfin, deux sites déclarent des établissements au nom quasi identique, « 36win » et « 36 win », avec deux sociétés différentes. Ils partagent leurs fournisseurs de jeux, et un accord de 2023 a livré le même ensemble de titres exclusifs aux deux.
Ce que le registre ne dit pas
Il faut être précis sur les limites, parce qu’elles sont réelles.
Le registre prouve un titulaire et un ancrage. Les conditions générales prouvent un éditeur déclaré. Aucun des deux ne prouve qui possède le capital d’une société. Deux sociétés distinctes peuvent porter la même enseigne sans avoir le même actionnaire, et l’inverse est vrai aussi.
Je n’écris donc jamais qu’une marque appartient à une autre. J’écris qu’elles s’adossent au même établissement, ou qu’elles déclarent le même éditeur. C’est moins spectaculaire et c’est vérifiable.
Deuxième limite : rien de tout cela n’est irrégulier. La loi belge autorise un groupe à détenir plusieurs licences, chacune rattachée à un établissement réel. La Commission le sait, puisque c’est elle qui les délivre. Le problème n’est pas l’opérateur, c’est le comparateur qui vous présente huit lignes comme huit décisions indépendantes.
Ce que ça change quand vous comparez
Trois conséquences pratiques.
Diversifier n’est pas toujours diversifier. Ouvrir un compte sur trois sites du même ensemble vous expose aux mêmes conditions de retrait, aux mêmes plafonds et au même service client. Vous n’avez pas réparti un risque, vous l’avez répété.
Un délai annoncé identique n’est pas une confirmation. Quand deux sites affichent la même promesse au mot près, ce n’est pas que deux entreprises sont arrivées à la même conclusion. C’est la même page publiée deux fois.
Une chose ne change pas d’un ensemble à l’autre : les protections légales sont les mêmes partout, puisqu’elles viennent de la loi et non de l’opérateur. Les outils dont vous disposez sont détaillés sur ma page consacrée au jeu responsable.
Le nombre de casinos autorisés est plus petit qu’il n’y paraît. Cinquante-huit licences, cinquante-cinq sites, trente et une enseignes. Un comparatif qui annonce le premier chiffre sans expliquer les deux autres vous donne une impression de choix qui ne correspond pas au marché.
Vérifiez vous-même, en dix minutes
Tout ce qui précède se refait sans moi. Voici comment.
- Ouvrez le tableau des licences B+ et celui des licences A+ sur le site de la Commission.
- Repérez la colonne de l’établissement. Triez dessus, ou cherchez simplement le nom de la salle associée au site qui vous intéresse.
- Regardez si d’autres lignes portent le même nom d’établissement, ou un nom très proche.
- Puis ouvrez les conditions générales du site et cherchez le mot « édité ». C’est là que se trouve le signal le plus fort.
Si vous voulez comprendre comment j’utilise ces éléments pour noter un opérateur, ma méthode détaille les sept critères et leur pondération.
Questions fréquentes
Combien de casinos en ligne sont réellement autorisés en Belgique ?
Cinquante-huit licences sont en cours, réparties sur cinquante-cinq sites. Neuf sont de classe A+ et quarante-neuf de classe B+. Ces sites se rattachent à trente et une familles d’enseigne seulement.
Pourquoi certaines marques ont-elles un site casino et un site dice ?
Parce que les deux catalogues relèvent de deux licences différentes. Une A+ est adossée à un casino terrestre et autorise les tables et le live ; une B+ est adossée à une salle de jeux automatiques et autorise les machines à sous et les dés. Six marques exploitent les deux.
Est-il légal de détenir plusieurs licences ?
Oui. Chaque licence doit être rattachée à un établissement réel et distinct, et c’est la Commission des jeux de hasard qui les délivre. Rien dans ce que je décris ici ne constitue une irrégularité.
Comment savoir si deux sites font partie du même ensemble ?
Comparez trois choses : le titulaire au registre, l’établissement d’ancrage au registre, et l’éditeur déclaré dans les conditions générales. Si deux des trois coïncident, les deux sites ne sont pas indépendants l’un de l’autre.
Est-ce que ça pose un problème pour le joueur ?
Pas en soi, mais ça change ce que « comparer » veut dire. Trois sites du même ensemble partagent souvent les mêmes conditions de retrait et le même service client. Les traiter comme trois options revient à croire choisir alors qu’on répète.
Sources et limites
- Registre des licences B+ de la Commission des jeux de hasard, relevé du 4 septembre 2026
- Registre des licences A+ de la Commission des jeux de hasard, relevé du 4 septembre 2026
- Les catégories de licences expliquées par la Commission des jeux de hasard
- Conditions générales des opérateurs cités, consultées lors de chacun de mes audits
- Loi du 7 mai 1999 sur les jeux de hasard
- Pour le seul cas de 36win et Palladium Games : annonces sectorielles de 2023 sur les fournisseurs de jeux, qui ne sont pas une source officielle et sont signalées comme telles
Relevé du 8 septembre 2026. Le registre évolue : des licences arrivent, d’autres sont renouvelées. Les chiffres de cette page valent pour cette date.
Cette page ne dit pas qui possède quoi. Elle constate des titulaires, des ancrages et des éditeurs déclarés, tous consultables publiquement. Elle ne porte aucun lien commercial, à la différence de mes fiches d’audit, et c’est volontaire.
Si vous relevez une erreur ou un ensemble que j’aurais manqué, écrivez-moi avec la ligne du registre concernée. Les corrections vérifiables sont appliquées rapidement.
